LE MAGAZINE DE LA PETITE-BOURGOGNE /GRIFFINTOWN
Whisky, scotch, bourbon, rye: tous du pareil au même? En fait, ce sont tous des whiskys de la grande famille d’alcool de grains vieilli dans des fûts de chêne, fermenté et distillé. Ils auront toutefois une appellation différente selon leur provenance, leur fabrication et les grains utilisés. La constance: il doivent tous détenir au moins 40% d’alcool par volume.
Malgré que l’origine du whisky soit difficile à retracer, on estime qu’il a probablement fait son entrée au Québec avec l’arrivée des Écossais et Irlandais au 18e siècle.
Jadis catalogué comme boisson de grand-père, le whisky effectue un retour en force sur les étalages des bars et restaurants. «En fait, grâce à une meilleure connaissance, nous retrouvons une sélection plus variée du whisky. Alors qu’on lui associait auparavant un goût standard, les consommateurs réalisent maintenant qu’il renferme beaucoup plus de nuances et peut plaire à tous» affirme Toby Lyle, copropriétaire du Pub Burgundy Lion. Et Toby en sait quelque chose puisque le Pub Burgundy Lion détient, à lui seul, la plus grande collection de whisky/scotch/bourbon au Québec. C’est aussi l’endroit où l’on en sert le plus au Canada.
De plus, avec la venue de brasseuses, sommelières et distilleuses, les femmes s’intéressent davantage à des spiritueux plus complexes, tout comme les consommateurs plus jeunes.
Sa consommation a aussi évolué car, tout comme le vin, les multiples saveurs et arômes du whisky le rendent agréable à marier à divers plats. Simon Beaulieu, expert en spiritueux au Whisky Café et conseiller auprès des restaurants Grinder et 3734, n’hésite pas à le suggérer en repas, réservant les plus ronds et matures au digestif tandis que les plus jeunes fumés ouvriront l’appétit.
Et comment le Canada se classe-t-il à travers toute cette offre? Bien qu’elle soit grande et que Montréal fût, à l’époque de la prohibition, la capitale nord-américaine du whisky «nous n’avons pas encore accès au whisky de qualité supérieure fabriqué par les distilleries artisanales de chez nous et c’est malheureux», m’avoue Toby.
Cela pourrait changer avec l’arrivée de distilleurs comme Paul Cirka, de la distillerie Cirka située à un jet de pierre du canal de Lachine. «À cause de la demande à une certaine époque, le whisky canadien est devenu un produit de masse et de ce fait, l’art et le souci du détail de l’artisan-distilleur se sont un peu perdus» m’explique Paul. «En fait, le Québec est la seule province où il est impossible pour les distilleries de vendre directement leurs produits au public.»
Dommage car, dans les barils de Cirka, reposent leur premier whisky, fait entièrement de seigle, ainsi qu’un single malt qui verront le jour en 2019.
Alors, avec la venue du temps frais et la vaste sélection que vous offrent bars, restaurants et marchés du quartier, vous n’avez que l’embarras du choix pour satisfaire votre fin palais ou affiner vos papilles curieuses de ce doux et mystérieux élixir!
Copyright © 2018 La Griffe - All Rights Reserved.